Son Excellence M. Stephan VAVRIK, Ambassadeur d’Autriche en Tunisie : « La Tunisie pourrait être, à moyen et à long terme, un producteur d’hydrogène vert et devenir un pays clé des nouveaux hydrocarbures propres »  »

 

  • La photographie est un art qui permet d’expliquer au mieux les problèmes du changement climatique
  • La culture est un secteur particulièrement important pour l’Autriche qui se considère comme une nation culturelle
  • En Autriche, la question de l’environnement et des déchets est un thème ou nous sommes bien avancés au niveau international.

Par Saida ZEMZEMI , et Amin Khedhri 

« Albiaanews » a rencontré Son Excellence M. Stephan VAVRIK, Ambassadeur d’Autriche en Tunisie pour évoquer la coopération bilatérale et son renforcement entre les deux pays dans ses domaines culturels, écologiques, y compris les projets environnementaux et économiques. Interview.

Voudriez-vous nous présenter les activités culturelles que propose l’Autriche en Tunisie ?

La culture est un secteur particulièrement important pour l’Autriche qui se considère comme une nation culturelle où la culture et les arts sont une partie importante de son identité. La musique y est importante, car Mozart et Schubert sont évidemment très connus.

Et s’il existe un événement où les Tunisiens s’identifient avec l’Autriche, c’est bien le festival international de musique symphonique d’El Jem où l’Autriche est présente depuis plus de trente ans avec l’Orchestre du Bal de l’Opéra de Vienne qui y a participé en 2025 et qui sera présent en 2026. D’un autre côté, et concernant d’autres activités culturelles actuelles de l’Ambassade d’Autriche, une exposition de l’artiste autrichienne Titanilla Eisenhart se tient actuellement à la galerie Saladin, à Sidi Bou Saïd sous le thème de : « Femmes pour la paix », car le mois de mars est celui des droits de la femme et le 8 mars on célèbre la Journée internationale de la femme.

Cette exposition ira ensuite à Sousse à l’Institut français et peut-être dans d’autres lieux, à Sfax et à Djerba. Nous allons organiser un concert au Centre culturel de Ben Arous avec une musicienne iranienne qui vit en Autriche et qui est une spécialiste de l’Oûd. Elle va participer avec l’Ensemble « Les Solistes » à une série de workshops et au concert de clôture. D’autre part, un autre concert de musique classique autrichienne et japonaise sera   donné par deux artistes japonaises vivant en Autriche.

Il aura lieu le 31 mars à la Cité de la Culture. Une collaboration tripartite entre la Tunisie, l’Autriche et le Japon. Nous serons ensuite au festival de Jazz du Kef le 2 mai, à Dougga, en juillet et à El Jem, en août.

Restons avec l’art et la culture. Ces derniers peuvent-ils, transmettre, à travers des manifestations culturelles, des messages écologiques à travers une stratégie dans ce sens ?

L’importance que donne une société à l’environnement est un aspect culturel. En Autriche, la question de l’environnement et des déchets est un thème ou nous sommes bien avancés au niveau international.  Le respect de l’environnement et le tri des déchets a été transmis à travers les enfants à l’école qui ont eux-même éduqué les parents pour arriver très vite à une transformation de la société en  général (de toutes les générations.

Ainsi, nous avons abouti à davantage de compréhension pour la question de l’environnement et l’aspect des déchets. Pour ce qui est du changement climatique, qui est devenu une préoccupation majeure beaucoup plus tard, c’est le premier secteur de la coopération internationale et le premier challenge planétaire où aucune frontière géographique n’existe. La sécheresse et les gaz à effets de serre ont prouvé la nécessité de coopérer puisque le changement climatique ne va pas s’arrêter à une frontière.

L’Autriche, vu sa topographie, ressent les changements climatiques deux fois plus fort que le globe terrestre, avec entre autres le problème des glaciers qui fondent, une source d’eau fraîche pour l’agriculture pendant l’été. En Tunisie, il existe un effet énorme sur la production agricole au niveau de l’irrigation et de l’adaptation.

Quant aux messages que pourraient transmettre l’art et la culture, un exemple : A l’occasion d’un festival de photos environnementales organisé en Tunisie, une autrichienne y a participé, la photographie étant un art qui permet d’expliquer au mieux les problèmes du changement climatique.

Quels sont les axes de la coopération économique et environnementale   entre l’Autriche et la Tunisie ?

La coopération avec la Tunisie est aujourd’hui d’égal à égal. Auparavant, c’était une coopération pour le développement.

Pour le secteur de l’environnement, la question de l’agriculture, quel type de cheptel peut-on avoir en Tunisie, il existe des idées de collaboration sur certaines races bovines qui existent en Autriche et qui sont assez résistantes à des changements climatiques en Tunisie et au Maghreb, en général, comme en Algérie. Dans le domaine de l’énergie et dans le secteur du gaz, il ya le grand projet stratégique H2 South Corridor avec des intérêts communs des deux côtés de la Méditerranée. Il s’agit d’un grand projet de production d’hydrogène vert qui serait produit en Algérie et en Tunisie et qui utiliserait les gazoducs existants qui vont vers le sud de l’Europe à travers l’Italie en les transformant et en les adaptant pour être capables de transporter ce nouveau gaz.

La Tunisie pourrait être, à moyen et à long terme, un producteur d’hydrogène vert et devenir un pays clé des nouveaux hydrocarbures propres.

Au niveau du tourisme, c’est un aspect d’une grande importance au niveau économique pour la Tunisie et pour l’Autriche.     

 

 

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